Architecture
Découvrez les siècles d’architecture qui ont transformé le château, de forteresse en palais.
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Histoire de l’Architecture du Château de Gramont à Bidache
Le château de Gramont s’élève sur un promontoire rocheux dominant un méandre de la Bidouze, position qui commandait la vallée et la navigation fluviale.
La tradition attribue ce premier château à Brun de Gramont vers 1190, mais rien n’en subsiste. Le premier château de pierre, élevé entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, se trouve sans doute enfoui sous la terrasse nord des ruines actuelles.
Du château médiéval ne demeurent que deux éléments, datés du XIVe siècle par l’Inventaire général :
Le donjon circulaire dit « la Rondache », grosse tour cylindrique qui commande l’ensemble avec ses deux tours rondes encadrant le portail sud.

L’ouvrage d’entrée composé de deux tours flanquant l’accès, remonte au XVe siècle.
Le château est mentionné pour la première fois en 1329, lors de l’hommage d’Arnaud-Guillaume III de Gramont aux souverains de Navarre.
A la fin du XVe siècle, Bidache devient la résidence habituelle des Gramont, qui délaissent le château familial de Bergouey-Viellenave.
L’incendie de 1523, allumé par l’armée de Charles Quint sous les ordres du prince d’Orange: Philibert de Châlon, en représailles à l’échec devant Bayonne détruit ce château dont seuls le donjon et l’ouvrage d’entrée resteront.
La reconstruction est immédiate. Dès 1525, une partie est habitable.
La grande campagne de reconstruction Renaissance commence entre 1535-1539, avec l’architecte Gabriel Bourgoing et l’élévation du corps de logis. Celui-ci, en équerre, se développe au nord et à l’ouest sur deux cours.
Une tour carrée, à l’angle nord-ouest de la première cour, abrite un escalier en vis sans jour tournant à droite toujours visible. Sur une structure encore médiévale, un décor classique s’installe mais les capacités de défenses à l’artillerie subsistent. Le maître d’œuvre est Charles de Gramont.
On peut voir les traces des belles cheminées de style Henri II qui étaient situées dans les grandes salles du corps principal, aujourd’hui suspendues dans le vide.
Entre 1569 et 1574, les défenses architecturales sont adaptées à l’artillerie, avec boulevards et bouches à feu. Antoine 1er maintiendra une carapace militaire opérationnelle à ce château Renaissance.
Le XVIIe siècle va transformer la forteresse en palais.
Des jardins à l’italienne sont aménagés entre 1626 et 1628. Jardins dessinés sur trois terrasses ainsi qu’un escalier de 34 marches reliant la terrasse à l’orangerie.
De 1639 à 1642, Antoine II commande à l’ingénieur Louis de Milhet le pavillon sud-est, au décor Louis XIII marqué par les fenêtres à croisée, les frontons triangulaires ou semi-circulaires et les bandeaux vermiculés ; il est exécuté par les maçons Jean Barthe, Jean Dumon et Christophe Le Roy, et son escalier est dessiné en 1642.
Entre 1650 et 1654, le pavillon du grand escalier est probablement réalisé par Nicolas Dupuis avec l’ingénieur Charles Dubois d’Avaugour ; au premier étage, une salle haute servait de salle d’audience où siégeait le gouvernement de la Principauté souveraine de Bidache.
Antoine III fait reconstruire également l’aile ouest de la première cour, à la place d’une galerie du XVIe siècle sans doute jamais achevée.
Après 1655, Antoine III aménage la partie haute du donjon en une bibliothèque sur deux étages et le rez-de chaussée en chapelle. La porte d’entrée du donjon est encadrée de moulures surmontées d’une frise d’anges portant les instruments de la passion.
Au milieu du XVII siècle, les écuries construites sur la terrasse sud-ouest du château, sont flanquées de deux pavillons destinés à la domesticité. Partie la mieux conservée de tous ces édifices.
La raison de ces travaux était diplomatique.
L’ultime campagne s’établit de 1700-1710, avec Antoine V de Gramont, maréchal de France, qui fera élever le portail monumental d’apparat avec un fronton triangulaire, orné d’un masque humain à la clef et de deux sculptures féminines soutenant un écu aux armes de la maison de Gramont.
A partir de la fin du XVII siècle et au XVIII siècle, les Gramont vont délaisser Bidache pour Versailles.
En 1792, le château inhabité sert de cantonnement à la troupe qui le dégradera.
En 1793, le château est confisqué par la Nation.
En 1794, les conduites en plomb alimentant les jets d’eau du parc sont arrachées pour être fondues en balles.
En 1796, le feu se déclare dans le château. il n’en restera que les murs.
En 1805, le Duc Antoine VIII de Gramont rentre en possession du château qui est très dégradé.
En 1814, le maréchal Soult fait abattre le pavillon dit d’Hercule et l’aile ouest.
Sous le second empire, un projet de restauration des écuries et de ses pavillons est lancé
Les écuries prendront un aspect médiéval avec leur toit crénelé et l’implantation de gargouilles sur les façades.
Le Pavillon ouest sera rénové dans un style XIXieme.
Les ruines du château sont classées Monument Historique le 6 mai 1942.
Fin 2025 le Château a été retenu parmi les 102 sites sélectionnés par la Fondation du Patrimoine pour bénéficier d’une donation de 500 000 euros augmentée d’une donation du groupe AXA de 100 000 euros pour réaliser les consolidations de la partie Nord-Ouest du château.